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Aider les PME à développer leurs compétences export, le vrai défi des pouvoirs publics

COMPRENDRE L’IMPORTANCE DES COMPÉTENCES EXPORTS ET DE L'ENVIRONNEMENT INSTITUTIONNEL

La qualité des process d’intégration de l’information export au sein de l’entreprise ont un impact fort sur la capacité des PME à exploiter cette information et à renforcer ainsi leurs compétences. Mais des facteurs externes à l’entreprise, liés à l’environnement institutionnel (ou « écosystème exportateur ») du pays, jouent aussi un rôle clé dans ce domaine.

 

L’importance de la culture et de la valorisation de l’export

Les recherches menées sur l’impact de l’écosystème exportateur d’un pays sur la performance à l’international montrent que la connaissance et la « culture générale export » d’un pays (dimension dite « cognitive ») et son système de valeurs associé à l’export (dimension dite « normative ») ont une forte influence. Par contre, la perception des politiques publiques de soutien direct aux exportateurs (dimension dite « régulatoire ») n’a pas d’influence sur la performance exportatrice des PME.

Il semblerait que ce qui compte dans un pays ce n’est pas tant la nature du dispositif que les pouvoirs publics mettent en place pour favoriser l’exportation des entreprises mais plutôt la compétence internationale consolidée et disponible dans ce pays, ainsi que la manière dont ce pays valorise l’aventure internationale des personnes et des entreprises qui s’engagent dans l’exportation.

 

Se poser la question des compétences export

Ces résultats mettent notamment en lumière l’importance des connaissances, des compétences et de la culture générale export d’un pays, devraient donc inciter les pouvoirs publics à évaluer quantitativement et qualitativement le niveau de compétences export de la France.

Comment et où se forme la capacité cognitive collective de l’exportation française ? Comment se compare-t-elle à celles de nos voisins immédiats, par exemple belges, allemands ou italiens ? Combien forme-t-on aujourd’hui de managers export dans notre pays ? Ces programmes correspondent-ils aux besoins des entreprises ? Il semble que personne ne soit capable aujourd’hui de répondre à cette question, pourtant cruciale, prouvant ainsi que les pouvoirs publics n’exploitent pas ce premier levier – pourtant efficace – d’aide au développement international des entreprises.

En particulier, s’agissant des PME, si la compétence globale produite par le système éducatif français dans ce domaine est insuffisante en quantité et en qualité et que les grands groupes attirent les meilleurs profils, cela pose effectivement un vrai problème pour la performance à l’international des PME françaises.

Plutôt que de centrer exclusivement le débat public en matière de déficit commercial sur les questions de compétitivité, de coût du travail ou de dispositif public d’accompagnement, n’aurait-on pas intérêt à se pencher également sur le problème des compétences, qui n’est pratiquement jamais abordé ?

 

Développer la reconnaissance sociale de l’exportation

Lorsqu’un banquier accorde ou refuse un prêt à une entreprise qui se lance à l’export, lorsqu’un jeune diplômé hésite pour un premier job dans une entreprise exportatrice, tout au long de leur vie les entreprises et les personnes engagées dans une aventure internationale sont soumises au jugement social de leur environnement : plus l’environnement social est favorable à l’expansion internationale, plus la trajectoire export sera facile. Ainsi en France, si l’implantation est bien valorisée, l’exportation l’est beaucoup moins, ce qui a des conséquences immédiates sur le marché de l’emploi.

Pour promouvoir la reconnaissance sociale de l’exportation il faut qu’un pays développe un ensemble de facteurs tels que : un récit de l’exportation française présent dans la presse, des messages porté par des porte-paroles crédibles de l’exportation, des signes de reconnaissance majeurs remis aux entreprises exportatrices (prix, clubs des numéros un mondiaux, etc.), un respect pour la spécificité des compétences des personnes et des entreprises engagées dans l’exportation, etc.

 

Force est de constater que dans ce domaine, comme dans celui de la compétence export, il y a beaucoup à faire en France.