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Donner aux exportateurs la capacité d’inspirer la gouvernance du dispositif

 

Donner aux exportateurs la capacité d’inspirer la gouvernance du commerce extérieur français


La constante lutte d’influence entre Bercy et le Quai d’Orsay pour le leadership en matière de commerce international met en évidence en creux l’absence des exportateurs dans la gouvernance du commerce extérieur français : en effet à aucun moment de ce processus il n’est jamais question de savoir ce qu’en pensent les exportateurs.

Intégrer des exportateurs dans la gouvernance du commerce extérieur français : l’écosystème de l’exportation est animé par des gestionnaires qui ont rarement une véritable expérience de l’exportation : qui parmi les membres du Conseil Stratégique de l’Exportation a déjà vendu et livré et assuré le suivi d’une vente export significative dans un pays émergent ? La chose n’est pas blâmable en soi, car il faut des compétences différentes pour diriger une institution liée au commerce extérieur et pour vendre des produits ou services à l’export ; reste que notre écosystème du soutien à l’exportation serait probablement moins compliqué si des exportateurs avaient pu continûment s’exprimer sur son organisation.

Instituer la parité gestionnaires/praticiens : il semble urgence d’instituer une parité qui fasse que dans chaque enceinte de gouvernance du commerce extérieur français il y ait au moins 50% d’exportateurs expérimentés. Cela semble une évidence ; mais c’est en fait un objectif très ambitieux, car on en est très loin ; les retombées peuvent en être considérables, car qui est mieux placé que des chefs d’entreprises de PME – ETI exportatrices pour aider à définir les actions de soutien aux exportations françaises ? Il faudra motiver des entrepreneurs volontaires pour inspirer l’évolution du dispositif ; mais on peut également imaginer un système de tirage au sort, comme pour les jurés d’assise.

Former le personnel politique du commerce extérieur à la pratique du commerce international : d’une manière générale le personnel politique et administratif lié au commerce extérieur (députés, conseillers, ambassadeurs, etc.) a rarement eu une expérience export. Mettre en place des formations sur la pratique de l’exportation ou mieux des stages d’immersion courts dans des entreprises exportatrices pourrait leur permettre mieux comprendre de l’intérieur la matière qu’ils administrent, et ainsi être en mesure de remplir pleinement leurs missions.

Clairement l’expérience de praticiens rendrait la gouvernance du commerce extérieur français plus efficace et plus consensuelle, mettant chacun des acteurs du dispositif devant ses responsabilités : favoriser l’exportation des entreprises françaises, et non seulement chercher l’expansion de sa propre boutique.

 

La Fabrique de l’Exportation