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Réussir à travailler entre Français et Allemands

Pour optimiser la performance des coopérations franco-allemandes, il convient de ne pas sous-estimer les différences culturelles considérables entre les deux pays, qui peuvent se traduire par des malentendus et une perte d’efficacité dans le travail. Il s’agit au contraire d’utiliser la connaissance de ces différences pour créer des manières intelligentes de travailler ensemble.


Développer la connaissance des pratiques professionnelles respectives.

La première étape consiste à bien comprendre la différences entre les deux univers professionnels. Par exemple le rôle hiérarchique est plus marqué et plus affectif chez les Français que chez les Allemands. La communication est aussi plus continue, informelle et personnelle. Côté allemand les réunions sont plus cadrées et plus préparées, et l’on écrit beaucoup plus. Côté français, les réunions sont généralement plus improvisées, et du coup aussi plus réactives et plus créatives. Ces différences doivent être découvertes par des dynamiques d’échanges et de dialogue, grâce à un processus d’apprentissage réciproque et d’adaptation mutuelle.
Car chaque manière de travailler a ses avantages, et ses inconvénients: la rigueur peut devenir de la rigidité d’un côté, l’adaptabilité peut engendrer le chaos de l’autre, etc. Entre les deux, existe un espace d’adaptation mutuelle particulièrement fécond. C’est là que réside l’un des secrets de l’interculturel et des partenariats franco-allemands qui fonctionnent.

Favoriser l’émergence d’une nouvelle culture de travail commune.

Une fois les différences bien comprises par l’ensemble des parties prenantes peut s’engager une troisième voie, qui consiste non pas à travailler 100% à la française (ce qui de fait exclurait rapidement la contribution des allemands) ni à travailler à 100% à l’allemande, pour les mêmes raisons évidente ; Une bonne solution consiste à « jouer » sur les différences culturelles, et de décider, selon les projets ou les tâches, si on va plutôt privilégier la méthode « plutôt à l’allemande » ou la démarche « plutôt à la française », en y mettant une pointe d’humour et avec la possibilité d’affiner le dosage en fonction des contraintes et des objectifs. Chacun va ainsi être amené, selon les projets, à travailler dans son univers ou dans celui de l’autre, ce qui peut déboucher sur une nouvelle culture de travail commune, fondée sur la complémentarité et le dépassement de sa propre culture de travail, et qui doit générer des synergies et une plus-value.

Prendre des initiatives pour développer l’interculturel
  • La mise en place de tandems composés d’un Allemand et d’un Français pour une fonction donnée (marketing, recherche, services) est une solution pour assurer une médiation constante et réconcilier les différents intérêts, tout en favorisant le partage des compétences.
  • Disséminer des personnels d’interface, des personnes parlant les deux langues et passionnées par l’interculturel ; ceci se révèle également très utile pour concilier les différents points de vue et préparer des décisions difficiles en intégrant les différences culturelles.
  • Adopter le multilinguisme : ceci facilite l’intercompréhension et contribue à réduire les malentendus (à l’usage, la tenue des réunions en anglais est souvent une source d’incompréhensions). Quand chaque participant parle dans sa langue maternelle, puis est traduit par un interprète, tout est beaucoup plus clair !
  • Développer la compétence interculturelle, c’est-à-dire la capacité à comprendre la culture de l’autre, peut se développer par la formation. La plupart des entreprises franco-allemandes qui réussissent ont préparé leurs cadres avec des formations de ce type visant à élargir leurs connaissances et leurs répertoires comportementaux.

Au travail Français et Allemands sont très différents, et chacun des deux pays véhicule beaucoup d’idées reçues à l’endroit de son voisin ; mais si on sait en jouer Français et Allemands peuvent s’avérer très complémentaires, et leur potentiel de coopération est très fort en termes de synergies et de valeur ajoutée. A condition de mettre ensemble leurs différences et leurs forces, en alliant par exemple la rigueur allemande et la créativité française.