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S’affranchir du dollar US pour commercer à l’international

CONNAITRE LES ALTERNATIVES AU DOLLAR US EN COMMERCE INTERNATIONAL

Afin de conquérir de nouveaux marchés ou d’échapper à l’extraterritorialité des lois américaines, de nombreux exportateurs sont à la recherche d’une alternative au dollar. Pour saisir les options disponibles dans de nombreux pays émergents, il convient de trouver une solution bancaire pour se couvrir contre le risque de change.

 

Privilégier la devise locale partout où c’est possible

Pour un grand nombre de pays, il existe des solutions bancaires pour se couvrir contre le risque de change et sortir de l’argent du pays. C’est aussi le cas pour des pays émergents comme le Mexique, le Brésil, la Colombie, le Pérou, le Chili, l’Afrique du Sud, l’Egypte, la Turquie, la Pologne, la Russie, l’Inde, la Chine, la Thaïlande ou l’Indonésie, où l’utilisation de la devise locale ne pose pas de problème majeur

Dans d’autres pays (d’Amérique centrale et du sud, d’Afrique, d’Europe de l’Est, du Moyen-Orient, d’Asie centrale, etc.), il est beaucoup plus difficile, voire impossible, de trouver des banques prêtes à couvrir le risque de change avec la devise locale. Et même si l’euro peut éventuellement être utilisé dans certaines zones spécifiques comme celles du Maghreb ou du franc CFA, tout comme le rand sud-africain peut l’être dans certains pays de l’Afrique sub-saharienne, c’est le dollar qui s’impose habituellement dans ces pays pour les négociations.

 

Trouver des solutions alternatives

Dans ces pays « dont les banques centrales manquent de réserve », certains montages financiers peuvent permettre de contourner l’obstacle. Une première solution consiste à conclure des contrats en dollars « monnaie de compte » mais à les exécuter en euros « monnaie de paiement » : la négociation se fait en dollar, le contrat est libellé en dollars mais prévoit que le paiement sera réalisé en euros sous réserve d’un montant fixe inscrit au contrat. Une autre solution consiste à mettre en place des techniques de compensations, par « échange marchandise » d’une vente et d’un achat, ce qui permet d’éviter toute transaction financière en dollars.

 

Se mettre à l’abri de l’extraterritorialité des lois US

D’une manière générale pour ne pas être soumis à l’application « extraterritoriale » des lois américaines et aux sanctions qui en découlent, il ne faut pas réaliser de transaction en dollars, ne pas employer de collaborateur de nationalité américaine, ne pas incorporer dans les produits vendus sur les destinations prohibées des produits d’origine US au-delà de la tolérance légale (10 ou 25% selon les cas), ne pas être implanté aux Etats-Unis et ne pas avoir des débouchés commerciaux significatifs sur le marché US qui pourraient être le levier d’un chantage.

Pour financer des opérations qui pourraient être visées par des sanctions américaines, il faut faire appel à des banques qui n’ont aucun intérêt aux Etats-Unis ; elles sont rares mais il en existe, en France et à l’étranger notamment au Canada.


Ainsi la devise locale est donc la principale alternative au dollar sur les pays pour lesquels les banques acceptent de couvrir le risque de change. Dans les pays où ce n’est pas possible, la recherche de solutions nécessite plus d’ingéniosité, et de la prudence.

 

La Fabrique de l’Exportation