6 leviers pour stimuler les facteurs externes de l’innovation à l’export

Outre les déterminants internes de l’innovation, relatifs aux compétences et aux ressources organisationnelles de l’entreprise (activité R&D, compétences technologiques, niveau d’études des managers et des employés, rôle de l’entrepreneur, culture organisationnelle, ressources marketing), la recherche a mis en évidence des facteurs externes de l’innovation.Ils sont liés aux collaborations avec d’autres acteurs de la chaîne de valeur (clients, distributeurs, fournisseurs), aux liens avec des centres de connaissance (cabinets de conseil, universités, instituts de recherche) et à l’environnement institutionnel, social, culturel (programmes d’accompagnement de l’Etat, image de l’entrepreneuriat dans la société, adaptation aux politiques, réglementations, normes, cultures et usages des pays étrangers).

1) Miser sur les réseaux et les collaborations

Les clients et les partenaires commerciaux étrangers jouent un rôle clé dans le développement ou la modification des produits pour l’export. Non seulement, ils constituent les principales sources de connaissances sur les marchés export, mais ils peuvent également jouer le rôle de co-développeurs des nouveaux produits. Il est donc primordial pour les PME exportatrices d’intégrer différents types de réseaux, de collaborer avec d’autres entreprises mais aussi de créer des liens avec les centres de connaissance publics et privés.

2) Innover pour et avec les clients

Les clients apparaissent comme la principale source de l’innovation pour les PME exportatrices.

Ils ont un rôle à jouer à chaque étape du développement des produits : identification du besoin, conception et test des produits, validation finale. Il s’agit notamment de répondre à des demandes directes des clients pour aboutir à des produits très personnalisés, voire sur-mesure, et pour cela de développer des partenariats avec les clients fondés sur la confiance.

En B2B, une étude récente met ainsi en avant l’amélioration du degré de nouveauté des produits grâce aux collaborations avec les clients industriels.

3) Co-développer avec les partenaires commerciaux

Les partenaires commerciaux étrangers peuvent également devenir des co-développeurs des produits. Des recherches mettent ainsi en évidence les bénéfices des collaborations avec des partenaires étrangers pour l’innovation produit au sein des PME exportatrices. Une étude récente souligne aussi le rôle de la collaboration avec les importateurs pour la fréquence de l’introduction de nouveaux produits.

Le monitoring technologique apparaît également comme une pratique courante au sein des PME exportatrices : celles-ci font appel à la sous-traitance technique, utilisent des laboratoires de haut niveau pour tester leurs produits, participent à des formations organisées par leurs fournisseurs, utilisent de nouvelles matières premières plus écologiques…

4) Solliciter l’expertise technique des centres de connaissance

Une expertise technique peut aussi être sollicitée auprès des centres de connaissance (cabinets de conseil, universités, instituts de recherche) : il s’agit le plus souvent ici de mobiliser ces ressources en phase de conception, surtout lorsque les entreprises sont à la recherche d’une certaine complémentarité des compétences.

5) Bénéficier des programmes d’accompagnement de l’Etat

Acteur majeur de l’environnement institutionnel domestique, l’Etat peut jouer un rôle important et bénéfique dans l’accompagnement des entreprises à l’export et dans le développement des innovations, grâce à des programmes dédiés.

Ainsi les programmes d’accélération développés par Bpifrance avec les régions sont des déclencheurs et des vecteurs d’innovation. Et les PME exportatrices françaises font généralement appel aux outils de monitoring proposés par les institutions publiques comme les chambres de commerce : missions commerciales, études de marché, « éclairage marché » sur un produit particulier…

6) S’adapter aux environnements institutionnels, culturels et sociaux des marchés étrangers

Les PME exportatrices sont plus que d’autres confrontées à des environnements différents sur leurs marchés. Aussi, les normes culturelles, sociales et réglementaires des pays visés peuvent également être sources d’innovation, d’adaptation ou de modification des produits.